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Il y a de quoi s’alarmer. L’année 2006 a été aux Etats-Unis la plus chaude jamais enregistrée par les climatologues et l’année 2007 s’annonce tout aussi inquiétante pour les spécialistes. Depuis cent ans, la température moyenne a augmenté de 0,6° sur l’ensemble du globe.

L’augmentation de l’effet de serre est une conséquence directe de l’activité humaine ont confirmé les 500 experts internationaux du GIEC réunis à Paris le 2 février 2007. Consciente de l’ampleur et de la gravité croissante du phénomène, la Commission Européenne a présenté le 10 janvier dernier son plan d’action pour réduire de 60 à 80% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Développer de nouvelles sources d’énergie devient désormais une priorité pour les 27 pays de l’Union Européenne, en créant notamment une nouvelle génération de biocarburants ou en rendant compétitive l’énergie solaire. Mais surtout, il faut rendre obligatoire la capture et le stockage géologique du C02 des centrales électriques d’ici à 2020 pour les nouvelles installations.

A l’échelle de la planète, l’Europe n’est toutefois pas le continent le plus polluant, elle fait même figure de bon élève. Les Etats-Unis et l’Asie sont par contre les cancres de l’environnement mais l’administration Bush qui a longtemps nié le changement climatique en refusant de signer les accords de Kyoto, notamment, vient d’annoncer qu’elle va s’attaquer au problème. Georges Bush a même proposé fin janvier un plan en vue de réduire la consommation d’essence américaine.

Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants ?

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+ 21° dans le Sud de la France à Noël et aucune neige à Montréal, les températures ne sont décidément pas de saison… Les données et projections des experts climatologues ne sont effectivement guère encourageantes. Le Met office britannique prévoit que 2007 pourrait voler à l’année 1998 le titre de l’année la plus chaude depuis l’invention du thermomètre.

Les climatologues du monde entier prévoient un réchauffement moyen de la Terre de +1,8 à +4°C d'ici 2100 (par rapport à la fin du XXe siècle), en fonction des scénarios de croissance économique et démographique envisagés. Des sécheresses, des pénuries d’eau mais aussi des inondations seront malheureusement au menu du changement climatique.

Et les scientifiques affirment qu'en 2100, la température aura gagné 14° C supplémentaires en Alaska et augmentera de 6° C en France par rapport à celle relevée aujourd'hui.

Vers une ONU de l'environnement ?

« Nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable » : c'est la conclusion alarmiste de l'Appel de Paris, signé par 46 pays au terme de la Conférence pour une gouvernance écologique mondiale, qui s'est tenue les 2 et 3 février derniers, à l'initiative de Jacques Chirac. "L'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir", conclue la conférence internationale.

Cet appel alarmiste pour la sauvegarde de l'humanité n'a pas ému les Etats-Unis qui rejettent le projet d'organisation des Nations Unies de l'environnement cher à Jacques Chirac. Mais des deux côtés de l'Atlantique, les gouvernants sont sensibles à l'opinion qui manifeste un intérêt grandissant pour le thème du réchauffement climatique.

Il est vrai que les conclusions du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, rendues publiques le 2 février dernier  font froid dans le dos : onze des douze dernières années figurent parmi les années les plus chaudes depuis 1850. Pire encore, les climatologues sont de plus en plus persuadés que les deux dernières décennies sont les plus chaudes depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a 12 000 ans…

Une véritable préoccupation pour les Français

Les Français se déclarent de plus en plus concernés par les questions d’environnement en général. Plus de 8 Français sur 10 ne sont pas opposés à l’idée de diminuer leur consommation d’eau et d’électricité et se déclarent disposés à utiliser les énergies renouvelables.

Parmi les 7 gestes qui leur ont été proposés, ils sont encore 61% « tout à fait ou plutôt prêts » à utiliser moins souvent leur voiture.

Alors que le diagnostic des climatologues internationaux est alarmant, l’Alliance pour la planète qui regroupe plusieurs associations environnementales françaises dont la Fondation Hulot à proposé à nos compatriotes d’offrir le 1er février dernier « cinq minutes de répit pour la planète » en coupant l’électricité entre 19h55 et 20h00. Objectif : attirer l’attention du grand public, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie.

L'opération a été un succès : une baisse de 1% de la consommation a été enregistrée, soit l'équivalent d'une ville comme Marseille. Une preuve tangible de l'intérêt des Français face au phénomène inquiétant du réchauffement planétaire.

Pascale Bonnamour