Le Cemroc, mis au point par le groupe Holcim, est un ciment sursulfaté composé à 80% de laitier à haut fourneau qui remplace intégralement le clinker, (mélange d'argile et de calcaire chauffé à 1450 degrés, dégageant de fortes émissions de CO2 dans l'atmosphère).

“D'un gris très clair, le Cemroc est aussi très apprécié des architectes pour ses qualités esthétiques et s'intègre parfaitement au label HQE (Haute Qualité Environnementale) dans la construction", explique Stéphane Gonichon, prescripteur France du Cemroc du groupe Holcim.

Un nouveau ciment environnemental pour faire un béton “vert?

Les Bénéfices environnementaux du Cemroc sont nombreux : une réduction de 95% des émissions brutes directes de CO2 par rapport à un ciment au clinker, un recyclage de déchets industriels qui auraient du être incinérés (le laitier est un déchet sidérurgique) et une préservation des ressources naturelles non renouvelables nécessaires à la production du clinker (argile, calcaire et combustibles fossiles).

“Certains de nos partenaires bétonniers rajoutent du gravier provenant de recyclage de béton et parfois des copeaux de bois. On peut véritablement dans ce cas parler de béton « vert », précise Stéphane Gonichon du groupe Holcim.

L'industrie cimentière n'a guère le choix. Soumise à des quotas dans le cadre du protocole de Kyoto et du Plan Climat de 2004, elle doit pouvoir concilier développement industriel et respect de l'environnement. Car le secteur se porte bien. En 2006, la consommation de ciment atteint 24 millions de tonnes et le marché a progressé de 5,9% par rapport à 2005. Mais son impact sur l'environnement n'est pas négligeable : selon le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA), les cimenteries sont à l'origine de 2,7% des émissions de CO2 en France, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, soit 12% des émissions de l'industrie en 2003.

Les cimentiers s'appuient sur la recherche publique

Par conséquent, les industriels s'appuient sur des partenaires publics de référence tel que le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC). Ce dernier travaille avec deux groupes cimentiers sur les quatre qui existent en France, preuve du succès des partenariats public-privé dans ce secteur.

“Le LCPC travaille sur des additions minérales, tel que le laitier, afin de diminuer considérablement les émissions de dioxyde de carbone lors du processus de fabrication du ciment. Le Cemroc qui a 0% de clinker possède d'excellentes qualités physicochimiques et de très bonnes performances notamment pour les fondations ou dans les milieux agressifs?, explique Loic Divet, chef de la division physico-chimie des matériaux du LCPC.

Mais au delà des nouvelles formulations de ciment, le LCPC travaille également sur l'élaboration d'un outil capable d'évaluer et de quantifier les impacts environnementaux des bétons de construction.

“On parle de développement durable, mais nous avons peu d'outils pour les quantifier?, précise Laetitia d'Aloia Schwartzenruber, responsable des bétons composites cimentaires du LCPC. Des recherches sont par ailleurs menées sur le recyclage des granulats car le béton est un matériau à 100% recyclable.

“Tout shuss? vers le développement durable

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L'industrie cimentière mise sur le développement durable et l'élaboration de nouvelles formulations de ciments peu émettrices de CO2. Car des bâtiments construits en béton à partir d'un ciment “vert? et à très haute durabilité, c'est aussi la promesse d'une construction dont le cycle de vie est fortement allongé. Pouvoirs publics, entreprises privées et ménages endettés pour acheter ont tous à y gagner.

En 2006, les entreprises du secteur ont consacré 30 % de leurs investissements à la recherche et à l'environnement. La même année, la consommation de laitier de haut fourneau par l’industrie cimentière a progressé de 10,7%. Les ciments de type CEM III (essentiellement composés de laitier) atteignent 9,5% de la production globale, contre 5% en 2000 selon le syndicat français de l'industrie cimentière.

Un choix encourageant car les émissions de CO2 dans l'atmosphère par l'industrie cimentière auraient diminué de 25% depuis 2004, selon le même organisme.

Pascale Bonnamour