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Il semble que le tri du verre, des cartons et du plastique soit entré dans les habitudes françaises. Les poubelles à double bac se vendent en grande surface et les stations de recyclage sont maintenant présentes dans toutes les villes et villages. La sensibilisation aux bienfaits du tri sélectif a été importante au niveau national mais aussi au niveau local. La notion de compost commence à percer… Mais surtout à la campagne.

L’habitude était déjà prise pour tous ceux qui ont connu la vie dans une ferme. Les soutes à cochons, les poulaillers sont de formidables recycleurs de déchets organiques. Nombreux sont ceux qui, au fond de leur jardin, ont installé une petite cabane à compost pour laisser faire la nature. C’est simple et ça permet de réduire de 30 % la taille de sa poubelle. Sans ça, les déchets organiques vont directement dans les incinérateurs.

Réduire ses déchets, cela signifie une diminution de l’utilisation de ces incinérateurs et donc moins de pollution. Et cerise sur le gâteau, le fruit du compost est directement réutilisable comme engrais ; cela représente donc une économie directe pour les composteurs !

Le fonctionnement d’un compost est simple : c’est le résultat de la fermentation et de l’humidification des déchets organiques. Lorsque les matières organiques sont mises en tas, elles se décomposent naturellement en présence d’oxygène. Si le tri est effectué correctement et si la composition est surveillée, on obtient alors un compost de qualité, utilisable comme engrais dans tout le jardin ou pour ses plantes d’intérieur. Toutefois, il faut faire attention à la bonne construction de son installation car si l’oxygénation n’est pas assez importante, le cœur du compost peut pourrir et donc sentir mauvais. Le compost est alors inutilisable.

Les précautions à prendre pour son installation

Pour la cabane à compost, il suffit d’une surface d’un mètre carré en contact direct avec la terre, à l’abri du soleil et du vent. De nombreux magasins ont développé la vente de composteurs en plastique ou en bois. Certaines communes ont même organisé la distribution de ces petites cabanes afin d’encourager leurs habitants à produire leur propre compost.

Mais il est également possible de construire son composteur, nul besoin d’être un spécialiste du bricolage. Pour cela, il faut utiliser du bois, de préférence du sapin, protégé au préalable sur les surfaces extérieures d’une couche de vernis qui lui permettra de tenir plus longtemps. La façade de cette « poubelle » intelligente doit être composée de deux parties reliées par des charnières aux autres faces, afin de pouvoir récupérer le compost mûr en bas du tas. Mais si ces petites cabanes sont principalement installées dans des jardins individuels, elles peuvent aussi l’être dans des copropriétés.


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Ce qu’on peut mettre dans son compost :

Toutes les épluchures de fruits et légumes

Les fleurs fanées

Les feuilles et les sachets de thé

Le café et les filtres à café

Les coquilles d’œuf

Le pain rassis

La litière d’animaux

Les cendres froides (mais pas les mégots)

La viande, le poisson, même les arêtes et les os

Les mêmes choses peuvent être mises dans un vermicomposteur, à l’exception des matières animales, dont les vers ne sont pas friands (en plus, ils n’ont pas de dents) et qui pourraient dégager de mauvaises odeurs.

Le compost collectif : une idée à proposer à son syndic !

Le compost collectif est encore une idée à faire germer dans les habitudes urbaines françaises, toutefois, certains pays ont déjà largement développé ce concept. En Suède par exemple, les locaux à poubelles sont pourvus de « Kompostkvarn » dans lesquels les habitants sont invités à déposer leurs déchets organiques dans des sacs en papier. Les copropriétés qui pratiquent ce tri bénéficient d’une réduction non négligeable sur les tarifs de collecte des ordures et les composteurs reçoivent de l’engrais une fois par an.

Au Québec, certaines villes ont même mis au point un programme de soutien au compostage domestique et communautaire. Les résidents qui en font la demande peuvent être remboursés à 50 % du coût d’achat du composteur. Le formulaire de remboursement est en téléchargement sur le site de la ville de Québec… Nous sommes donc en retard en France !

Toutefois, il y a des précurseurs. Rennes Métropole pilote une opération dans une copropriété de l’agglomération. Elle a fournit le composteur ainsi que les poubelles de cuisine destinées à stocker et transporter les déchets organiques. Bonne idée !

Les conditions d’implantation du composteur sont les mêmes que dans un jardin… Il suffit donc juste de mobiliser ses voisins à l’idée de trier un peu plus ses déchets. En attendant, le compostage collectif n’est pas la seule alternative aux trieurs urbains.

Lire la suite du dossier d'Ingrid Arnoux :

Suite : le vermicompost, une solution individuelle ...