Ce qui attire le passant dans la vitrine, ce sont ces drôles d’objets qui semblent si familiers alors qu’ils sont totalement inconnus : un étrange arbre sculpté en plastique… avec des bouteilles d’eau pétillante de plastique rouge ; une torture fabriquée avec des petites cuillères en aluminium ! « Le principe est simple, nous débarrassons les gens de leurs encombrants, nous les pesons, nous les trions et ensuite on leur trouve une nouvelle utilisation » (1). L’idée est simple pensez-vous ! Mais elle est bien plus que simple, elle est intelligente.

Copyright Ingrid Arnoux

Le volet social de l’Interloque est capitale. Les cinq salariés qui travaillent pour cette association sont dans une démarche de redynamisation professionnelle. Ils viennent gratuitement chercher les encombrants des personnes qui sont dans l’impossibilité physique de déplacer ces objets souvent très lourds. Les prix abordés dans les magasins de productions artistiques, mais il y a aussi une friperie et un magasin de produits d’entretiens sont plus que raisonnables. Et concernant l’aspect environnemental cette association n’a pas de leçon à recevoir.

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Tous les déchets non alimentaires sont acceptés. « Ils sont classifiés et pesés afin que nous sachions exactement le poids de ce que nous recevons et de ce que nous arrivons à vendre. » « Notre politique tient en une phrase : faire en sorte qu’un déchet ne reste pas un déchet ». Il y a un pôle de réutilisation directe des objets en création artistique ; mais il y a aussi un pôle important de recyclage qui récupère tout : les piles, les cartouches d’imprimante, les vieux ordinateur, les vieilles machines à laver, les anciens frigidaires, tout ! Et cerise sur le gâteau, l’Interloque fait de la sensibilisation en recevant des classes et en se déplaçant dans les établissements scolaires. « Nous souhaitons faire passer un message par rapport à la consommation, aux énergies, à l’eau, grâce à nos outils pédagogiques, nos créations artistiques. » L’aspect économique n’est pas en reste. Cette association vit en autosuffisance. Elle est locataire d’une boutique de 400 mètres carrés dans le XVIIIème arrondissement de Paris, et le but ultime serait de dépendre de moins en moins des subventions… et elle est en bon chemin pour que ça marche. « Nous souhaitons créer plus d’emploi et pouvoir pérenniser ces emplois dont nous avons nommés le poste « techniciens du réemploi ». »

Lieu de travail : Espace Eugène Poubelle 7 ter, rue de Trétaigne 75018 Paris Téléphone : 01 46 06 08 86 Mail : stakhanof@hotmail.com Site Internet : www.interloque.com Horaires : tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 20h.

Réseau de Recycleries et de ressourceries http://www.recycleries-ressourceries.org/index.php3

(1) L’anonymat souhaité par notre interlocuteur est respecté. D’après lui, ses paroles sont à attribuer à « L’équipe ».