Le principe est de plus en plus répandu : souscrire à une association et recevoir des paniers hebdomadaires de fruits et légumes de saison entièrement cultivés biologiquement. Les Jardins de Cocagne ont été les premiers à développer le concept. En 1991, alors que l’agriculture continuait sa mutation vers l’industrialisation a outrance, certains agriculteurs se sont retrouvés dans des situations financières difficiles, rencontrant des difficultés à vendre leur production. Une poignée d’entre eux a donc eu l’idée de fédérer les productions et de distribuer ces produits biologiques en milieu urbain, là où la demande de produits naturels était grande. Le boom des produits biologiques a permis le succès des Jardins de Cocagne sur tout le territoire national et aujourd’hui, le réseau Cocagne regroupe 75 jardins en activité et 15 jardins en projet.

Les adhérents de l’association souscrivent à une « part légumes », calculée en fonction des variations saisonnières du marché bio en tenant compte de l’environnement local. Les recettes ainsi obtenues ajoutées aux diverses subventions permettent d’embaucher des maraîchers professionnels, de louer des terrains agricoles, d’acheter le matériel nécessaire au jardinage, de créer des emplois pour la gestion et l’organisation des Jardins, permettant donc une réinsertion professionnelle aux salariés.

Ainsi, les Jardins sont progressivement devenus un lieu d’accueil qui permet la mise en œuvre d’un programme d’insertion sociale et professionnelle, un lieu d’échanges et de communication entre les adhérents et les jardiniers, un lieu convivial ouvert sur la cité, et aussi un service de proximité favorisant le développement économique local. Ils permettent d’associer des habitants à une démarche sociale, économique dans une perspective de développement local. Les consommateurs s’engagent à acheter sur une année une action/légumes dont le prix est fixé en début d’année suivant un calendrier des cultures en fonction des variations saisonnières du marché bio en tenant compte de l’environnement local. Concrètement, sur le terrain, des maraîchers professionnels encadrent des jardiniers, des salariés en réinsertion qui cultivent et récoltent les fruits et légumes en fonction du plan de culture déterminé par les maraîchers. Après la récolte, la distribution de paniers se fait sur les lieux de production ou dans des lieux de dépôts (centre sociaux, associations, particuliers, etc.) qui peuvent permettent une distribution plus centrale.

Action sociale, éducative, professionnelle, développement territorial, action et consommation citoyenne et environnementale : tout y est ! Le projet sociale des Jardins repose sue la conviction que la lutte contre l’exclusion est l’affaire de tous, qu’il ne s’agit pas seulement d’insérer des personnes mais de créer une économie solidaire permettant à chacun de trouver une place : mobiliser chacun, pour « cultiver la solidarité » ensemble ! Tout est dit !

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