Emmanuelle et Raphaël, jeune couple grenoblois, ont adhéré… à l’idée, à un réseau,…et poursuivent ainsi, par le biais d’une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), leur volonté de manger bio et de contribuer à un développement solidaire.

« On a été informé de l’initiative par la lettre mensuelle d' "Alpessolidaires", qui recense toutes les initiatives d'organisations d'économie sociale et solidaire. On y est allé, et il y avait énormément de monde, ils ont été débordés par leur succès, du coup, deux AMAP ont vu le jour simultanément, dont la nôtre. On était au départ 30 paniers, et là, je crois qu'on est 35.

On paie chaque trimestre pour un panier hebdomadaire de 15 euros (entre 4,5 et 5 kg de légumes bio). La livraison est toutes les semaines à la même heure et au même endroit : le mercredi de 18h30 à 19h30, et le lieu est un lieu associatif de pratiques culturelles alternatives, « la Bifurk », un peu excentré, ça n'arrangeait pas tout le monde, mais on a quand même collectivement retenu ce lieu, du fait du sens qu'il avait!

A tour de rôle, deux Amapiens aident chaque semaine l'agricultrice à faire les paniers, et à l'accueil des autres Amapiens qui viennent chercher leur panier (les aider à trouver leur panier, cocher les noms des paniers récupérés, aider à ranger à la fin, etc.). Une réunion de bilan est organisée chaque trimestre.

Notre AMAP, contrairement à d'autres en France, n'a pas le statut associatif, c'est un regroupement de personnes juridiquement sans statut. Depuis quelques mois, une agricultrice de fruits s'est jointe à nous, et chaque semaine, on prend aussi notre panier de fruit (5 euros par semaine).



Nos motivations sont simples : d’abord, l'allergie physique et idéologique aux grandes surfaces. Acheter bio est important pour nous : c'est plutôt une question environnementale, contre l'agriculture irrespectueuse de la terre et de la nature. Or, acheter bio en grande surface présente des perversités à bien des égards. Avant d'être adhérents à une AMAP, on faisait attention à n'acheter que des fruits et légumes de saison, et locaux, pour ne pas utiliser trop de pétrole pour la livraison. Ici, le local est complètement privilégié, pour nous, c'est l'idéal.

Enfin, notre volonté de départ était de montrer que tous les consommateurs ne cherchent pas forcément le moins cher possible, c'était notre cas. Or, pour que l'agriculture bio, nécessairement plus chère que la non bio, puisse continuer à vivre, il faut que les agriculteurs qui se lancent dans cette aventure puissent avoir la certitude de pouvoir en vivre, d'où l'importance de l'assurance des débouchés, que permet le système d'AMAP ».

Ingrid Arnoux et Alexandra Ouraeff