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En 2007, la production d’électricité d’origine éolienne en France a atteint 2000 MégaWatt (MW), ce qui représente 0,5 % de la production totale. Pas beaucoup, direz-vous ! Mais cette production est en pleine expansion : en 2005, elle était de 700 MW.

« En dehors de l’hydraulique, la France avait la réputation d’être très en retard dans sa politique de développement des énergies renouvelables. Désormais, on a l’impression que de nouvelles filières, notamment le solaire et l’éolien, sont également prises au sérieux », constate Aurélien Evrard, chercheur au Cevipof.

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Encouragements, incitation et soutien se concrétisent en trois points : dans une directive de 2001, les Etats membres de l’Union européenne se sont fixés des objectifs concernant les énergies renouvelables pour 2010. La France s’est engagée à produire 21 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables et donc à favoriser entre autres, l’installation d’éoliennes. Nationalement, cela s’est traduit rapidement par un Programme pluriannuel des investissements fixant un nouveau système de tarification de rachat de cette électricité constituant ainsi un intérêt financier pour les entrepreneurs privés utilisant l'énergie mécanique du vent.

« La dynamique européenne sous l’influence d’autres pays tels que l’Allemagne ou le Danemark, a donc eu un effet incitatif pour cette production », continue Aurélien Evrard.

Des fortunes rapides pour des sociétés qui ont eu « du nez »

C'est le cas notamment de la Compagnie du Vent, créée en 1989 par Jean-Michel Germa, docteur en physique-mécanique. Ce pionnier dont la société est basée à Montpellier a développé et exploite en France 11 parcs éoliens, totalisant plus de 100 mégawatts. Avec un taux de croissance vertigineux de 470,24% en 5 ans (de 2002 à 2006) et un chiffre d'affaires de 11,3 millions d'euros en 2007, la Compagnie du vent a le vent en poupe. Si son fondateur détient encore 43,2% du capital, Suez possède aujourd'hui 56,8% des parts à travers sa filiale Electrabel.

Autre exemple symptomatique de l'investissement des « grands » de l'énergie dans l'éolien depuis 2007 : le rachat de 95% du capital d'Erelia par Gaz de France, une société fondée en 2003. Coût de l'opération : 120 millions d'euros. Grâce à cette acquisition, Gaz de France dispose désormais dans l'éolien d'une capacité totale de 110 MW.

Contestation croissante des riverains

Toutefois, cet engouement pour les forces d’Eole n’est pas partagé par tous. L’implantation de ces moulins des temps modernes pouvant atteindre les 100 mètres de hauteur suscite l’indignation de certains riverains. D’abord l’aspect esthétique des grandes pales est critiqué.

Un communiqué provenant de l’Association Alerte Lomont en danger (ALED) précise : « nous ne cesserons pas de dénoncer l’hérésie écologiste et financière d’un tel projet » sur le massif du Laumont dans le Jura. Par hérésie, cette association condamne la régulation indispensable par des centrales thermiques (donc dégageant des gaz à effet de serre) de l’électricité produite par les éoliennes et remet donc ainsi en question l’impact sur l’environnement des éoliennes. Les nuisances sonores sont également condamnées par ALED mettant donc en cause le développement d’une zone de développement de l’éolien (ZDE) dans cette région.

Autre problème, les commandes en pièces pour ces installations étant trop nombreuses au niveau européen, les industries productrices ne parviennent plus à répondre aux demandes, entraînant des retards de livraison.

Le débat n’est donc pas simple et suscite les passions. Comme le dit Hubert Rives, « chaque éolienne est garante d’un peu moins de gaz carbonique dans l’atmosphère ou d’un peu moins de déchets de nucléaires à gérer par les générations à venir ». Alors si le développement des énergies renouvelables s’additionne à une politique de baisse de la consommation d’énergie, l’avenir n’en sera que meilleur !

Ingrid Arnoux