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Bien entendu, il y a d'abord la victoire spectaculaire et fortement médiatisée de la sénatrice Verte de Seine-St Denis Dominique Voynet. Cette dernière a largement battu à Montreuil (54,19% des suffrages) le député-maire sortant Jean-Pierre Brard, apparenté communiste, qui régnait sur la ville depuis 24 ans. Pour la première fois, une ville de plus de 100 000 habitants (Montreuil est la quatrième ville d'Ile de France) sera dirigée par une écologiste. Reste à savoir, pour les 6 années à venir, quelle sera la teneur écologique de la politique de la liste dirigée par l'ancienne candidate des Verts aux Présidentielles de 2007.


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Dominique Voynet : une victoire retentissante à Montreuil (93)

Un score parisien décevant :

D'après la secrétaire nationale du parti écologique, Cécile Duflot, ces élections municipales constituent une « petite renaissance » pour les Verts, bien que leur score à Paris ait été jugé décevant : les listes vertes menées par Denis Baupin, adjoint chargé des transports auprès du maire de Paris Bertrand Delanoë lors de la législature qui s'achève, ont obtenu au premier tour 6,7% des voix (contre 12,3% lors des municipales de 2001). Ils ont ensuite fusionné leurs listes pour le second tour avec celles des socialistes. Les Verts auront au final 9 élus au Conseil de Paris contre 23 en 2001. Par contre, ils conservent le seul maire Vert d'arrondissement, Jacques Boutault, qui a réalisé dans le 2ème un excellent score au second tour, obtenant 68,3% des voix.


Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris.

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Plus d'élus dans le reste de l'Hexagone :

En ce qui concerne le reste de la France, les Verts auront plus d'élus qu'entre 2001 et 2008. Ce résultat est du néanmoins en grande partie à des alliances passées avec le Parti Socialiste dès le premier tour. En Ile de France, Michel Bourgain a lui été réélu maire de l'Ile St Denis avec une liste écologique et citoyenne. Les Verts étaient en fait partis à la bataille avec leur propre liste au premier tour dans un tiers des villes de plus de 100 000 habitants (au nombre de 39) et dans 32 villes de plus de 20 000 habitants. Ils les ont maintenues au second tour à Grenoble, Montpellier, Roubaix, Villejuif, Montreuil et Pointe-à-Pitre. A Valence, l'ex-députée verte Michèle Rivasi, après fusion de sa liste avec celle du socialiste Alain Maurice, devient numéro 2 de la ville.

Le parti écologiste a même progressé à l'occasion de triangulaires, 18% à Roubaix (contre 13,6% au premier tour), 22 ,49% à Grenoble (15,5% au premier tour), 18,6% à Montpellier (11,1% le dimanche précédent). Les Verts obtiennent au final 31 maires sur l'ensemble du territoire. Les listes définitives d'élus ne seront néanmoins pas connues avant la semaine prochaine.

Des chiffres à relativiser :

Cependant, ces bons résultats relatifs pour les Verts sont atténués par deux facteurs : d'abord celui de l'abstention qui, se situant entre 34 et 35% au niveau national, a connu son taux le plus élevé pour des municipales depuis 1959. Les classes populaires dans les quartiers se sont très peu mobilisées en comparaison avec les présidentielles d'avril 2007, relativisant les bons scores de la gauche en général et des Verts en particulier. Ensuite, la grande dépendance des écologistes au bon vouloir du Parti Socialiste a encore été accentuée durant ces municipales, ce malgré la volonté de nombre d'écologistes de partir __en autonomes.

L'écologie, une question réglée ?__

Au final, si les Verts se maintiennent et font un score honorable, les idées écologistes quant à elles n'ont pas vraiment occupé le devant de la scène lors de ces municipales, c'est le moins que l'on puisse dire. Nombre de citoyens ont plutôt cherché à sanctionner Nicolas Sarkozy sur son comportement, jugé indécent en période de récession, et sur son manque de parole concernant ses promesses de campagne d'être le président du pouvoir d'achat, en s'abstenant ou en votant pour la gauche. La sauvegarde de l'environnement a été la grande absente des débats de ces municipales, qui se sont focalisées sur la question du pouvoir d'achat. C'est comme si en France, après le Grenelle de l'environnement, la question de l'écologie avait été réglée une bonne fois pour toute, alors que tous les défis à relever sont devant nous.

En tous cas, tous les élus écologistes intégrant les nouvelles équipes municipales ne seront pas de trop pour lutter contre les problèmes environnementaux qui s'accumulent, à l'échelle locale comme à l'échelle globale. Il serait peut-être temps de comprendre pour ceux qui ne s'en seraient pas encore aperçus que la crise économique et la crise environnementale sont sans doute les deux revers d'une même médaille.




Benjamin Joyeux
Journaliste de www.pourmaplanete.com